Tout commence avec Aokigahara en 2016… La descente vers les abysses, la folie qui se mêle à la mélancolie. Puis, le silence.



L’album est composé de dix titres qui forment une narration fragmentée et énigmatique. Initialement, chaque titre s’accompagne d’une vidéo qui illustre le propos de l’artiste. On y voit des images de Tokyo, de la forêt d’Aokigahara, de cadavres, de sang, de fleurs et de symboles occultes. L’artiste, Duncan Ritchie, s’inspire, pour la toile sonore, de ses propres expériences et de ses recherches sur la culture japonaise afin de recréer une œuvre qui mêle réalité et fiction. Il utilise des instruments comme le piano, le violoncelle, la guitare et la flûte, ainsi que des enregistrements de terrain et des effets sonores pour créer des ambiances variées et contrastées.



Des thématiques cinglantes


L’album s’appuie sur les thématiques évoquées par les œuvres littéraires qui ont contribué à la renommée macabre de la forêt d’Aokigahara. Il reprend également les anecdotes ou les légendes urbaines qui circulent sur ce lieu maudit, comme celle des rubans que les suicidés attachent aux arbres pour retrouver leur chemin au cas où ils changeraient d’avis, en plus de l’empirisme de l’auteur afin d’assurer une œuvre originale et personnelle.



Une forêt macabre au pied d’un mont somptueux


La forêt d’Aokigahara est une forêt mystérieuse et lugubre qui se trouve au pied du mont Fuji au Japon. Elle est connue pour être le lieu de nombreux suicides, mais aussi pour être le théâtre de légendes et de mythes qui lui confèrent une aura sombre et mélancolique.
Aokigahara a une origine volcanique, puisqu’elle s’est formée sur une coulée de lave datant de l’an 864. Le sol est donc rocheux et poreux, ce qui absorbe les sons et crée un silence pesant. La végétation est dense et verdoyante, mais aussi torturée et inquiétante. La forêt abrite des grottes de glace, des arbres morts, des rubans accrochés aux branches et des objets abandonnés par les suicidés.



L’antre est surnommée Jukai, ce qui signifie “mer d’arbres” en japonais. Elle est considérée comme un lieu sacré, mais aussi maudit. Selon le folklore japonais, la forêt serait hantée par des yurei, des fantômes errants qui n’ont pas trouvé le repos. Certains disent que ces esprits attirent les âmes perdues vers la forêt, ou qu’ils les empêchent d’en sortir. D’autres disent que la forêt est un portail vers l’au-delà, ou un lieu de purification.

Une haute activité dépeinte dans la littérature et les oeuvres cinématographiques du pays
Le haut lieu est tristement célèbre pour être la plaque tournante de la plupart des suicides par pendaison se déroulant dans la préfecture de Yamanashi. Elle est considérée comme l’un des sites où l’on se suicide le plus au monde avec le Golden Gate Bridge à San Francisco. Plusieurs œuvres littéraires et cinématographiques ont contribué à la renommée macabre de la forêt, comme le roman Nami no to de Seichō Matsumoto ou le film Ki no umi de Tomoyuki Takimoto.

Le roman Nami no to de Seichō Matsumoto et le film Ki no umi de Tomoyuki Takimoto sont deux œuvres qui ont pour cadre la forêt d’Aokigahara, une forêt située au pied du mont Fuji, connue pour être un lieu de prédilection pour les suicides.

Nami no to, publié en 1961, raconte l’histoire d’une jeune femme nommée Eiko Tejima, qui est impliquée dans une affaire scandaleuse avec un homme marié, Masahiko Asakura. Elle décide de se rendre dans la forêt d’Aokigahara pour se suicider, mais elle y rencontre un autre homme qui a le même projet, Tatsuya. Ils se lient d’amitié et tentent de s’entraider, mais leur destin est tragique. Le roman explore les thèmes de l’amour, de la culpabilité, de la solitude et de la mort.



Le film Ki no umi, sorti en 2004, est une adaptation du roman de Matsumoto, mais il apporte quelques modifications à l’intrigue. Le film suit plusieurs personnages qui se croisent dans la forêt d’Aokigahara, chacun ayant ses propres raisons de vouloir mourir. Parmi eux, il y a Eiko Tejima et Masahiko Asakura, qui sont toujours amants, mais qui sont rongés par le remords. Il y a aussi Tatsuya, qui est battu et abandonné dans la forêt par des voyous. Le film met en scène la détresse, la violence, le désespoir et la mort qui habitent ces personnages.

Le rapport avec la forêt est sans détour puisqu’il est le lieu où se déroule l’action principale des deux œuvres. La forêt est présentée comme un endroit sombre et silencieux, où les âmes perdues viennent chercher le repos ou la rédemption.

Elle y est à la fois fascinante et terrifiante, qui reflète à la fois la beauté et l’horreur qui cohabitent dans la nature ou notre perception de celle-ci.

Love Like Blood, une suite logique d’une rare beauté…gloomy


Love Like Blood est, quant à lui, un album de dark ambient qui explore le thème de l’amour perdu, retrouvé et perdu à nouveau. Il s’agit d’une suite à l’album Aokigahara. Love Like Blood reprend les mêmes éléments sonores que son prédécesseur, mais les plonge dans une atmosphère plus sombre et plus oppressante encore.

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Posted by:Demona Lauren

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